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Hausse des urgences psychiatrique en France

  La France traverse une crise psychiatrique majeure : les urgences psychiatriques explosent, reflétant une détresse psychologique croissante, surtout chez les jeunes. En 2023, près de 566 000 passages ont été enregistrés, marquant une augmentation de 21 % par rapport à 2019. Cette situation s’aggrave dans un contexte de pénurie de professionnels, avec des délais d’attente de plusieurs mois, et de manque de lits, alors que les structures d’accueil peinent à répondre à la demande. Face à cette urgence, des modèles comme le Crup (Centre renforcé d’urgences psychiatriques) voient le jour pour trouver des solution adéquat.

Manque de lits et pénurie de soins en psychiatrie

En France, près d’un Français sur cinq souffre aujourd’hui d’un trouble psychique, dans un contexte où la santé mentale a été décrétée grande cause nationale en 2025. Pourtant, les urgences psychiatriques souffrent d’une capacité d’accueil largement insuffisante : les psychiatres consacrent une part importante de leur journée à trouver des lits pour les patients. À l’hôpital Delafontaine, dans le service de Ville-Évrard dirigé par le Dr Fayçal Mouaffak, des patients restent plusieurs nuits sur des brancards faute de places disponibles. La situation est aggravée par la suppression massive de lits : 8 800 places ont été fermées dans les services psychiatriques publics ces quinze dernières années, creusant un vide dans l’offre de soins. De plus, la psychiatrie est l’une des spécialités les moins attractives pour les étudiants en médecine, ce qui alimente une pénurie de personnel qualifié. Pour tenter de désengorger les urgences, un Centre renforcé d’urgences psychiatriques (CRUP) a été inauguré à l’hôpital Delafontaine / Ville-Évrard. Il compte 15 lits, dont une unité de psychiatrie aiguë et une unité active, et vise à stabiliser les patients en crise en moins de 72 heures. Malgré cette avancée, le personnel reste surchargé et les tensions persistent autour de la disponibilité des psychotropes, essentiels à la prise en charge mais parfois difficiles à obtenir dans un contexte de demande croissante.  

Des solutions pour désengorger les urgences psychiatriques

Face à la saturation des urgences hospitalières traditionnelles, un dispositif novateur se développe : le Centre renforcé d’urgences psychiatriques (CRUP), implanté à l’hôpital Delafontaine / Ville‑Évrard. Il dispose de 15 lits au total : 10 lits pour une unité de psychiatrie aiguë (durée jusqu’à 72 h), 1 lit dédié à la délivrance hospitalière (sismothérapie) et 4 lits d’Unité de Psychiatrie Active (UPA). Les objectifs du CRUP sont clairs : réduire la phase aiguë à 24–72 h, limiter le recours aux mesures coercitives et fluidifier le parcours de soin des patients. Dans ce cadre plus calme et spécialisé, les patients en crise bénéficient d’une prise en charge adaptée, loin du stress des urgences classiques. Pour prévenir l’engorgement dès l’amont, le SAMU Psy 93 a également été lancé en mai 2024. Ce service d’urgence psychiatrique téléphonique évalue les crises à domicile afin d’éviter des passages inutiles aux urgences. Grâce à lui, le taux de maintien à domicile est passé de 22 % à 42 % en quelques mois, selon le rapport d’activité 2024 de l’EPS Ville‑Évrard. En plus des soins, le CRUP joue un rôle de prévention : l’accueil, le soutien psychologique, l’orientation vers des groupes de parole ou une assistante sociale sont organisés dès les premières heures de crise. Le Dr Fayçal Mouaffak, à l’origine du projet, espère que ce modèle CRUP sera généralisé. Selon la Fédération Hospitalière de France, un second CRUP pourrait même ouvrir prochainement à l’hôpital Avicenne de Bobigny. Pour le Dr Nadia Cheffi, responsable du CRUP, cette unité redonne du sens au soin : « taper vite et fort » pour stabiliser les patients et leur éviter des mois de souffrance aux urgences     La hausse des urgences psychiatriques en France révèle une crise profonde du système de santé mentale, accentuée par la pénurie de lits et de professionnels qualifiés. Des initiatives comme les Centres renforcés d’urgences psychiatriques (CRUP) et le SAMU Psy 93 montrent néanmoins qu’il est possible d’apporter des solutions concrètes pour désengorger les services et offrir une prise en charge adaptée aux patients en crise. Face à l’ampleur de la détresse psychologique, le renforcement de ces dispositifs et une politique ambitieuse en faveur de la psychiatrie restent essentiels pour garantir un accès rapide et efficace aux soins psychiatriques sur tout le territoire français  

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