Le journaliste français Christophe Gleizes retourne devant la justice en Algérie le 3 décembre 2025. Condamné en première instance à sept ans de prison, il est jugé en appel suite à son reportage dans la région kabyle. Son arrestation et sa condamnation ont suscité une forte mobilisation dans les médias et parmi les défenseurs de la liberté de la presse. Ce nouveau procès pourrait changer le destin de ce journaliste indépendant.
Qui est Christophe Gleizes et pourquoi a-t-il été arrêté en Algérie
Christophe Gleizes est un journaliste sportif français de 36 ans. Il collaborait notamment avec les magazines So Foot et Society. En mai 2024, il s’est rendu en Algérie pour un reportage consacré à la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), l’un des clubs de football les plus emblématiques du pays. Son travail visait à explorer non seulement l’histoire sportive du club, mais aussi son lien avec l’identité kabyle. L’Équipe+2rsf.org+2
Le 28 mai 2024, à Tizi Ouzou — à 100 km à l’est d’Alger — il a été arrêté. Les autorités lui reprochaient d’être entré avec un simple visa touristique, d’« apologie du terrorisme » et de « possession de publications à visée propagandiste nuisant à l’intérêt national ». CNEWS+1
Ces accusations sont liées à ses contacts passés (en 2015 et 2017) avec un dirigeant du club JSK, qui est par ailleurs un responsable du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), organisation classée « terroriste » en 2021. Les défenseurs de Gleizes rappellent que ces échanges datent bien d’avant cette classification. rsf.org+2rsf.org+2
Quelle peine pour quelles accusations
Le 29 juin 2025, une cour algérienne a condamné Christophe Gleizes à sept ans de prison ferme avec mandat de dépôt immédiat. Les motifs : « apologie du terrorisme » et « possession de publications nuisant à l’intérêt national ». TF1 INFO+2L’Équipe+2
Cette décision intervient après 13 mois de contrôle judiciaire durant lesquels il était interdit de quitter le territoire algérien. rsf.org+2IFJ+2
Pour les défenseurs de la liberté de la presse, cette condamnation est injustifiée : elle prétend punir un journaliste pour l’exercice de son métier. rsf.org+2CNEWS+2
Pourquoi ce procès suscite-t-il une forte mobilisation
L’affaire de Christophe Gleizes s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre liberté de la presse et lois antiterroristes en Algérie. Plusieurs organisations de journalistes — nationales et internationales — voient dans ce procès un exemple de criminalisation du reportage. IFJ+2rsf.org+2
Reporters sans frontières (RSF) et d’autres syndicats de journalistes ont appelé à sa libération : ils estiment qu’un journaliste ne doit pas être emprisonné pour avoir réalisé un travail d’information. rsf.org+2rsf.org+2
Des centaines de médias français ont signé une tribune collective pour exiger sa libération immédiate. AP News+1
La condamnation de Gleizes est perçue comme un message fort envoyé par les autorités algériennes : certains sujets — même sportifs — peuvent être considérés comme des lignes rouges. Cela envoie un signal fort en termes de censure possible autour de la Kabylie, minorité culturelle et politique sensible dans le pays. The Washington Post+2euronews+2
Que pourrait décider la cour d’appel le 3 décembre 2025
Le procès en appel apparaît comme une ultime chance pour Christophe Gleizes. Plusieurs options sont envisageables : réduction de la peine, annulation de la condamnation, ou même remise en liberté. rsf.org+2berlinertageblatt.de+2
Ses avocats et soutiens insistent sur le fait qu’il n’a fait qu’exercer son métier. Ils demandent une révision du jugement, en expliquant aux magistrats que le journalisme n’est pas un acte politique, mais un travail d’information. CNEWS+1
Le verdict aura une portée symbolique forte, non seulement pour Christophe Gleizes, mais pour la liberté de la presse en Algérie et ailleurs. Un acquittement pourrait marquer une victoire pour le journalisme indépendant. À l’inverse, un rejet de l’appel renforcerait le sentiment d’un climat répressif pour les reporters étrangers et locaux.
Les conséquences pour la liberté de la presse et les relations France-Algérie
L’affaire montre combien le journalisme, même sportif, peut être perçu comme une menace dans des contextes de forte tension politique ou identitaire. Lorsque des sujets touchent à des minorités, des mouvements contestataires ou des enjeux sensibles, les journalistes risquent d’être pris pour cibles.
Pour la France, ce dossier pèse dans les relations bilatérales avec l’Algérie. Plusieurs voix appellent le gouvernement français à intervenir diplomatiquement pour obtenir sa libération. Pour beaucoup, la condamnation de Gleizes constitue une entrave grave à la liberté d’informer.
Enfin, ce cas met en lumière les défis du journalisme d’investigation, surtout dans des zones où les enjeux politiques, culturels ou identitaires sont tabous. Cela risque d’avoir un effet dissuasif pour d’autres journalistes souhaitant couvrir des sujets similaires.
Conclusion
Le procès en appel du journaliste Christophe Gleizes, fixé au 3 décembre 2025, représente un moment clé pour la liberté de la presse. En condamnant un reporter à sept ans de prison pour un reportage sur un club de football, les autorités algériennes ont suscité une vive mobilisation internationale. Ce nouveau jugement pourrait marquer soit un tournant en faveur du journalisme indépendant, soit un renforcement de la répression. Au-delà du sort de Gleizes, c’est tout le principe de l’information libre qui est en jeu.