Le Château de Pau est un incontournable de l’histoire architecturale française. C’est une forteresse devenue palais, au XIXe siècle son histoire et ses formes sont nouvellement interprétées, modification du regard qui le recouvre d’un symbole national grâce au dessin et à l’étude du passé, gardiens d’une réflexion moderne sur la question sociale et culturelle, aujourd’hui encore vivace, portée par l’architecture.
L’évolution historique du Château de Pau et son importance patrimoniale

Au XIXe siècle, l’architecture change de paradigme, sous l’influence du romantisme elle n’est plus envisagée en tant qu’enveloppe fonctionnelle, au contraire elle s’affiche comme un révélateur des aspirations sociales et culturelles d’une ère, vecteur d’améliorations tant du cadre de vie que des valeurs que veut refléter la société.
Cette fonction nouvelle de préservation du patrimoine prend sens dans un projet futur, auquel le monument ancien, tel le Château de Pau, se doit de répondre dans son futur usage. Autant de sources d’inspiration à la réflexion, son étude, par le biais de l’écrit et du dessin permet d’envisager l’archéologie historique du point de vue des styles, des techniques Aussi, le château ne reste plus seulement une forteresse médiévale, il devient un objet d’étude capital dans l’imaginaire du devenir de l’architecture elle-même, augmentant son statut national de symbole patrimonial.
Aussi, le château ne reste plus seulement une forteresse médiévale, il devient un objet d’étude capital dans l’imaginaire du devenir de l’architecture elle-même, augmentant son statut national de symbole patrimonial.
L’influence de Gaston Fébus et la transformation architecturale du XIVᵉ siècle
Au 14e siècle, le Château de Pau subit une mutation fondamentale sous l’impulsion de Gaston Fébus. Ce prince « qui dit ne tenir ses terres sinon de Dieu et de [son] épée » lance un grand programme de fortifications pour asseoir son pouvoir.
L’acte fondamental de son projet architectural pour le château ? La construction d’un donjon de briques de 33 mètres, mission confiée à l’architecte Sicart de Lordat. Ce bâtiment de défense, intégré dans un triple rempart avec des portes à herses, est une véritable innovation pour l’époque. Sur place, le sculpteur scelle pour l’éternité la rencontre entre l’ambition d’un prince et la pierre par la signature « Febus me faz », fondement sur lequel le XIXe siècle portera son regard romantique.
Des origines héroïques du nazaréen au XXe siècle romantique, le Château de Pau incarne les métamorphoses de l’art, chaque époque ayant voulu y transcrire sa vision, transformant l’édifice fortifié en un palais musée, un livre d’histoire ouvert où la pierre et le dessin parlent la même langue pour transmettre un patrimoine unique.